Numéros d'urgence

On a abusé de moi

"J'avais des pensées suicidaires, des idées noires plein la tête… puis je suis passée à l'acte et j'ai tenté de me suicider. Je me détestais. J'ai été hospitalisée en psychiatrie pendant plusieurs semaines, on m'a administré un traitement pour dépression. Malgré ça, j'avais souvent des changements d'humeur et mes idées noires étaient toujours présentes parfois. A la sortie de l'hôpital, j'ai continué à voir un psychologue, pour m'aider. Puis un jour, comme des flash, des souvenirs du passé qui me reviennent. C'était mon instituteur. Il a abusé de moi."

Ce témoignage, c'est celui de Sara (nom d'emprunt). Il y a plusieurs années, Sara a écrit aux équipes de Paroles d'ados pour parler de son mal-être. Les années ont passé, des épreuves difficiles, des moments de profond désespoir puis un jour, un déclic, un élément déclencheur, un souvenir. Notre équipe a accompagné Sara dans son cheminement, au fil des étapes, nous l'avons écoutée, nous l'avons soutenue dans la direction qu'elle souhaitait prendre, à son rythme à elle. Après quelques années, Sara a décidé de parler et s'est confiée à ses parents en qui elle avait confiance, a dénoncé son agresseur, a porté plainte à la police.

La situation que Sara a vécue, d'autres jeunes la subissent également. Chaque histoire est différente, chaque témoignage est important. Tu es victime d'abus sexuel ? Tu n'es pas seul.e et Paroles d'ados peut t'accompagner dans ton cheminement et tes démarches, quels qu'ils soient.

Si tu as vécu une situation comme celle-là, tu as peut-être enfoui tous ces souvenirs au fond de toi pour les oublier. C'est normal et c'est une réaction naturelle du cerveau face à un choc trop violent ou un abus. Ce processus d'oubli s'appelle le « refoulement », cela se fait automatiquement en nous suite à un traumatisme. Nous en sommes totalement inconscients. Mais ton corps va alors peut-être manifester les signes du mal-être autrement : anorexie, boulimie, tentative de suicide, idées noires, scarifications… Ces comportements sont parfois la traduction d'un profond mal-être. Sans le savoir, le corps te met des barrières qui t'empêchent d'avancer sereinement vers le futur, il t'envoie alors un message.

Aujourd'hui, en 2021, la parole n'est malheureusement pas encore libérée et de nombreuses victimes gardent le silence. Pourquoi ? Plusieurs raisons empêchent les jeunes filles ou jeunes garçons de parler après l'agression :

  • La honte et la culpabilité
  • La peur des représailles
  • Le manque de connaissance du monde juridique
  • Le manque de considération de la part des personnes à qui ils vont se confier
  • Le regard de la police, "vais-je être pris.e au sérieux ?"
 

Sur Paroles d'ados, tu peux te confier de façon anonyme si tu le souhaites. Peut-être est-ce un premier pas vers la libération ? Si, dans un premier temps, tu as besoin d'extérioriser et de t'exprimer sans dévoiler ton identité, sens-toi libre de le faire. Notre équipe, composée de psychologues, juristes, assistants sociaux et médecins, sera une oreille attentive. Nous savons comme c'est dur, quel courage il faut pour se confier, et nous l'honorerons.

Emmener ton histoire jusqu'en justice n'est pas une fin en soi, tu ne dois pas te mettre de pression avec cela et te confier à Paroles d'ados ne t'obligera jamais par la suite à dénoncer l'agresseur à la police. Pour nous, cette décision t'appartiendra toujours. Cet article est là pour te rappeler que ce qui compte, c'est toi, juste toi, et ta santé, physique et mentale. Il y a peut-être à prendre conscience de la gravité de ce que tu as vécu, pour que tu puisses reconstruire des racines solides pour l'avenir. Aujourd'hui, cette situation te semble peut-être insurmontable. Mais elle peut, un jour, être derrière toi. Il suffit parfois de trouver la bonne personne à qui en parler, une seule personne, pour te libérer de ce poids qui pèse sur toi.

Même si en 2021, ce sujet n'est pas encore assez abordé, tu en as peut-être entendu parler dans l'actualité et dans la presse. Dans le milieu du cinéma, de nombreuses actrices, comme Adèle Haenel, osent, aujourd'hui, dénoncer leur agresseur, même des années plus tard. Et c'est une bonne chose. Comme le mouvement #metoo, dont tu as peut-être entendu parler également. Ce mouvement a été mis en place sur les réseaux sociaux pour aider et encourager celles et ceux qui ont vécu des abus à prendre la parole sur le viol, l'inceste et l'agression sexuelle. Tu n'es pas seul.e.



Comme tu le vois, il y a encore beaucoup d'efforts à faire autour de ce sujet délicat mais les langues se délient avec les années, et les bons côtés d'Internet jouent ici leur rôle. C'est tout un mouvement qui se dresse pour soutenir les victimes d'agressions sexuelles. Et il est important que tu saches qu'aujourd'hui, ta parole sera de mieux en mieux accueillie auprès de la police. Les protocoles sont différents dans chaque pays, mais en Belgique et peut-être aussi dans d'autres pays, les professionnels sont bien formés pour recevoir ton témoignage et être à ton écoute.

Si cet article te donne l'impression de faire écho à ton histoire mais que tu as des doutes… voici une information importante : Toute forme de contact sexuel indésirable constitue une agression sexuelle. Cela peut aller d'un contact ou d'un baiser non souhaité au viol. Ne minimise pas ce que tu as vécu. Tu es une victime, tu n'es en rien coupable de ce que tu as vécu et rien de tout ça n'est de ta faute.

Tu es capitaine de ta vie. Ne laisse pas ton agresseur et ses actes la gâcher. Tu as au fond de toi la force de te relever.

Si tu as besoin d'aide, si tu souhaites t'exprimer, en anonyme ou non, si tu as été victime d'abus sexuel, Paroles d'ados est là pour toi.

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