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Adoption |
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La peur de l'abandon L’adoption est une véritable joie pour les parents adoptifs. Mais à l’origine de cette joie, il y a eu une grande souffrance pour l’enfant. Que cette souffrance soit un deuil ou un abandon, l’enfant, même tout petit, s’en est rendu compte et a ressenti cette perte au plus profond de lui. Il aura à se construire avec cette blessure. Tous les enfants ressentent la peur d’être délaissés, abandonnés. Chez un enfant qui vit avec ses parents biologiques, cette peur finit par disparaître puisqu’elle n’est pas justifiée. Pour l’enfant adopté cette peur sera plus difficile à surmonter parce qu’il a réellement déjà été abandonné. Cela se complique encore plus à l’adolescence. Plus cette peur de l’abandon est présente, plus l’ado risque de provoquer ses parents pour voir s’ils tiennent vraiment à lui et s’ils ne vont pas l’abandonner. Le problème, c’est que plus il provoque, plus il en a honte et se culpabilise, plus il se dit qu’il n’en vaut pas la peine, et plus la peur de l’abandon augmente. Les parents ont aussi beaucoup de mal à vivre ces moments difficiles parce que, bien souvent, ils ne comprennent pas ce qui se passe.
La honte et la culpabilité Comme les enfants de parents divorcés, la plupart des enfants adoptés se sentent coupables. Ce n’est pas un sentiment très net, mais ils se demandent ce qu’ils ont bien pu faire de mal pour que leur mère de naissance ne s’occupe pas d’eux. Cette culpabilité peut être très présente. Cela peut donner à l’enfant l’impression qu’il ne vaut pas grand-chose. Certains ressentent de la honte par rapport à des parents de naissance qui n’ont pas été capables de s’occuper de leur propre enfant. L’enfant se dit que pour en arriver là, ils doivent avoir un sérieux problème, ou être des bons à rien. Il a donc honte d’avoir été mis au monde par de telles personnes. Quoi qu’il en soit il faut faire comprendre à l’enfant qu’il n’est pas responsable. Il n’est pas responsable de l’abandon ; si un autre enfant était né à sa place avec les mêmes parents et dans les mêmes conditions, ça se serait très probablement passé de la même façon. Il n’est pas non plus responsable du fait que ses parents n’étaient pas capables de s’occuper de lui, et doit essayer de ne plus en avoir honte.
Pour quelqu’un qui a été adopté, la question des origines est inévitable. C’est souvent au moment de l’adolescence que l’envie de faire les recherches apparaît. Vouloir partir à la recherche de sa famille de naissance crée un tourbillon d’émotions et de désirs souvent difficiles à vivre. En voulant découvrir ses parents biologiques, l’adolescent se met dans une position difficile car il se demande s’il sera bien accueilli, comment cela se passera. Il désire les rencontrer mais il craint d’être à nouveau rejeté.
La recherche des origines Pour la plupart, ces recherches servent juste à avoir des renseignements sur la famille de naissance et non à remplacer les parents adoptifs. L’adolescent veut comprendre pourquoi il a été abandonné et à qui il ressemble vraiment. Il est tiraillé entre son désir de vouloir rencontrer ses parents biologiques et le risque de faire de la peine à ses parents adoptifs. Quelle que soit la façon dont les recherches aboutissent, il est important que l’adolescent comprenne qu’il en sortira grandi. Même si la rencontre se passe mal elle aura un côté positif. Bien sûr c’est une nouvelle épreuve terrible à affronter ; mais, malgré la tristesse et la colère, maintenant il sait. Ses origines ne sont plus une zone d’ombre, il en connaît les visages et les noms. Quant à ceux dont les recherches n’aboutissent pas, ils devront essayer d’apprendre à vivre avec ce vide énorme et tenter de l’accepter pour pouvoir continuer à évoluer.
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